L’incident s’était passé début 2010, en Seine-et-Marne. Ce jour-là, une patiente de 56 ans, pesant 320 kg à la suite d’une maladie orpheline, doit être transportée de l’hopital de Lagny à son domicile. Faute d’équipements, elle sera véhiculée dans un camion de location, ses deux jambes soutenues par deux aides-soignants, « traitée comme du bétail », s’insurgera la famille. Pour que ce genre de scène ne se produise pas en Essonne, l’Umpsa (Unité mobile de prévention secours et assistance), basée à Bondoufle, s’est dotée ce mois-ci d’un brancard pour obèses (15000 €) qui équipera une « ambulance spéciale dite bariatrique, qui a coûté 90000 € ». « Il accepte jusqu’à 400 kg », explique Fabrice Lancelot, président de cette association de sécurité civile, qui compte en Essonne trente bénévoles et dix salariés.
Trois en tout en Ile-de-France
Contrairement à certains départements, qui ne sont pas du tout équipés, l’Essonne possède désormais deux brancards de ce type. Le premier a été acheté par les pompiers. « Les statistiques montrent que le nombre d’obèses augmente en France et on doit prendre ça en compte », confirme le lieutenant-colonel Pascal Laporte, chef du groupement de pompiers d’Arpajon. Sur l’Ile-de-France, en plus des deux brancards essonniens, un seul équipement existe. Il appartient à l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) et n’est disponible que sur Paris et la petite couronne…
Du côté des pompiers essonniens, le déclic a eu lieu en 2006. « Un jour, on est allé chercher une malade qui pesait 230 kg, se souvient le lieutenant-colonel Pascal Laporte. On a dû sortir la patiente par la fenêtre et la transporter dans un camion dans lequel on avait rentré un lit d’hôpital, qu’on a sanglé pour le stabiliser. » Fort de cette expérience, qui, selon les pompiers, n’était « ni humaine ni digne », « et à la demande du Samu, nous avons décidé au Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) de nous équiper d’une ambulance bariatrique », explique le colonel Caron, le numéro deux des pompiers sur le département. Prix de l’engin : 135000 €, soit 40% de plus que pour une ambulance « normale ». « En 2010, elle a servi 54 fois », atteste Pascal Laporte.
Au vu des demandes croissantes, la nouvelle ambulance pourrait faire des émules. L’Umpsa espère que le Samu fera appel à eux. La demi-heure se facture 400 €… A Paris, l’agence régionale de santé a lancé une étude sur le sujet. A Arpajon, les pompiers ont reçu la visite de leurs collègues parisiens. Eux aussi envisagent de s’équiper.
Une maison rue de Plantagenêt a pris feu cette nuit vers 4h du matin. Trois personnes sont décédées, un quatrième homme a été transporté au CHU de Rouen.
Vers 4 h du matin, ce jeudi 10 février, trois personnes d'une trentaine d'années ont trouvé la mort dans une maison sise rue Plantagenêt dans le prolongement de la rue de Lessard dans le quartier Grammont à Rouen. Un quatrième homme a été transporté pour une légère intoxication aux fumées au CHU de Rouen.
Les sapeurs pompiers ont été alertés à 4h15. Le feu a pris dans une maison qui était murée, connue sous le nom de "squat de la rue de Lessard", située derrière la bibliothèque Simone-de-Beauvoir.
D'importants moyens - trois équipes du SAMU et cinq équipes de pompiers - ont été engagés sur les lieux. A leur arrivée, les secours ont été alertés par une personne qui se trouvait devant la maison. Elle a pu leur donner l'endroit précis où se trouvait les trois hommes dans la maison : au premier étage. La police s'est mobilisée à son tour. « Ils étaient déjà en arrêt cardiaque, nous avons tout essayé pour les ramener à la vie, en vain », indique un officier des sapeurs pompiers. Les victimes sont décédées suite aux inhalations des fumées. A l'heure actuelle, l'identité judiciaire est sur place pour procéder aux constatations.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l'incendie dont l'origine, pour l'instant, n'est pas établie. Selon les premières informations recueillies sur place, le feu a été rapidement maitrisé par les pompiers et il ne s'est pas propagé à l'extérieur. Ce sont les émanations de fumée qui auraient donc provoqué le décès des trois locataires.
Un squat depuis plusieurs mois voire deux ans
Arrivée sur place à 8 h, Valérie Fourneyron n'a pas pu non plus accéder sur les lieux du drame. Interrogée par notre équipe dépêchée rue Plantagenêt, la députée-maire de Rouen a simplement pu préciser que six personnes vivent, à sa connaissance, dans cette habitation située au n°6 de la rue et plantée au coeur d'un quartier en totale réhabilitation depuis plusieurs années. L'identité des deux autres habitants n'est pas encore connue tout comme celle des trois personnes décédées dans la nuit.
A 8h25, un homme d'une trentaine d'années vêtu d'un bonnet, de lunettes et d'un sac à dos s'est présenté aux policiers. Il a été entendu brièvement sur place puis emmené à l'hôtel de police. Il pourrait s'agir d'un témoin ou d'un autre résidant du squat.
Rencontré sur place, le responsable de la régie de quartier, Philippe Kercsaven, dont les bureaux sont accolés à la maison incendiée, confie : « Je suis arrivé sur place à 6h30 ce matin. Les sapeurs pompiers étaient en train de partir. On m'a dit qu'il y avait eu un feu et trois morts. » Selon ce responsable, cette maison est bien un squat depuis au moins plusieurs mois voire deux ans date ou elle a cessé d'être habitée. Il semblerait que ce lieu appartienne à la Ville, vouée à la destruction pour la future gare SNCF de Rouen. Les squatteurs l'auraient démurée et cassé des cadenas pour y accéder, Des rondes de la police municipale étaient régulières. La police nationale, aurait délogé au moins à une reprise les résidents.
A 8h45, trois fourgons funéraires sont arrivés sur les lieux, ils sont repartis à 9h10.
Les autopsies des trois victimes, requises par le Parquet de Rouen, devraient avoir lieu aujourd'hui ou demain à l'institut médico légal du CHU de Rouen.






